Mon intérêt pour les tours jurassiens m’a amené à contacter et rencontrer Claude Bondet en ce début d’année.Sympathique et ouvert, il n’a pas été avare d’informations et de conseils divers. Il m’a ouvert les portes de son atelier et à ce moment là j’ai su que je reviendrais :
Un bond en arrière dans le temps instantané , le parfum des copeaux, une luminosité particulière ,douce, partout aux murs , des tableaux(des toiles devrais je dire)d’outils de touts types.Un Louvre pour les amateurs de tournage, on y trouve l’intrigante et pratique varlope(sorte de « joconde »dont les méthodes de conception oubliées suscitent presque autant d’interrogations que celles du célèbre tableau)
Puis à droite de la grande scie à ruban, les tours:
Posés sur leurs bancs respectifs ils imposent leurs bâtis sombres et massifs en fonte, dégageant presque un soupçon d’austérité (peut-être pour rappeler à celui qui les contemple que l’histoire les a presque laissé sombrer dans l’oubli , tout comme celles et ceux qui ont travaillé dessus des décennies durant, contribuant à la renommée et à la prospérité de cette belle région )
Claude bascule l’interrupteur d’un gros tour Lartaux:
L’arbre surdimensionné et lustré entre en rotation, étonnant de silence , le noir de la fonte contraste avec le bronze des paliers et de l’emprunt vissé à son extrémité.La finesse des clés de filetage en buis ainsi que les couvercles de paliers travaillés en forme de chapeau de gendarme révèlent une qualité de fabrication inconcevable de nos jours.
Robustesse et simplicité, noblesse des matériaux, débrayage et arrêt instantané de la pièce moteur tournant grâce à la poulie folle, ces tours(équipés par claude d’un variateur de fréquence pour encore plus de souplesse d’utilisation)n’ont à mon sens rien de commun avec les tours contemporains en confort d’utilisation et la façon d’appréhender le tournage s’en trouve quelque peu changée également (difficile de tourner sans emprunt après s’y être essayé et je ne parle même pas du débrayage tellement pratique…des bancs en bois larges et spacieux qui n’abîment pas le tranchant des outils quand on les pose)Après il est certain que pour tourner des bols d’un mètre de diamètre faut trouver autre chose(ou les monter différemment car mécaniquement parlant ils sont extrêmement solides)
Quelques mois après cette rencontre , je pose mes bagages à Dortan pour un stage de cinq jours en pension complète (repas , petit déjeuner , nuitées ).Tout a déjà été relaté dans ce livre d’or par les personnes accueillies chez Claude et sa réputation en tant qu’hôte est parfaitement décrite.Attentif et généreux, l’homme n’est pas « moutu » d’esprit et ses centres d’intérêts vraiment variés , c’est une personne avec de belles valeurs . les gourmands soyez rassurés , c’est un très bon cuisinier qui a su nous proposer des mets variés et délicieux.Les chambres sont spacieuses et confortables on y dort bien, le calme est au rendez vous.(je suis objectif et ne possède pas d’actions à la maison Bondet).Un sans faute sur le séjour et le rapport prix /prestation est vraiment correct.
Tourneur débutant conscient de mes limites je souhaitais acquérir de solides bases sur ces tours originaux, découvrir l’usage du crochet et de la plane(prononcer plaane, plaaane voir plaine, c’est un outil dont l’utilisation après apprentissage s’est révélée moins fantasque que ne l’est sa phonétique locale)
Présentation de mes copains de promo le premier jour ,Francoise et Bernard(un beau couple complice plein d’esprit et d’humour),niveau débutant pour tout le monde(mention spéciale pour Francoise, qui était vraiment néophyte et qui n’ayant jamais tenu de gouge auparavant a travaillé de façon remarquable )donc ne pas hésiter et oser, Claude possède la patience, l’expérience et les mots afin de vous mettre en confiance rapidement, vous passionner pour vous faire progresser.
Nous avons abordé les fondamentaux (placements, décomposition des mouvements, spécificités de chaque outil, talonnage , prise de passe, affûtage, sécurité , tournage entre pointes , frontal, creusage…)La théorie alliée à la pratique.Le stage se révèle complet et intense en accumulation d’informations(mon carnet m’a été utile)
Des difficultés , une incompréhension ? Claude fait son possible afin de varier les explications pour débloquer la situation, on travail détendu et l’on arrive la plupart du temps au résultat escompté ,ça marche et l’on se sent bien, on exulte même parfois!(une pensée ici pour Gerald ,sympathique stagiaire sur deux jours, sa réussite de tores parfaits avait suscité une sacrée autosatisfaction !)
Claude est aussi bon pédagogue que tourneur, subtil et observateur il sait, lorsque l’on travaille une pièce, se montrer disponible sans pour autant être excessivement présent. Il se retrouve parfois à vos côtés, en bon « saint Bernard »qu’il est, prêt à vous épauler avant même que l’on exprime notre problème (il a l’oeil attentif et l’oreille sensible lorsque la gouge talonne à l’excès)
Il n’est pas dieu non plus et si ce dernier a paraît il crée la terre en 6 jours et l’homme en une journée, 5 jours de stage ne suffisent pas à être « à l’image de Claude Bondet »(le monde serait certainement meilleur j’en suis convaincu).
On n’excelle pas en tournage en si peu de temps mais l’on acquiert de solides bases.J’y ai gagné en confiance, j'ai découvert de nouvelles techniques et une façon de travailler qui me permettent de travailler avec plus de confort et d’efficacité, ainsi que les notions d’affûtage indispensables.
Ce stage m’a permis de comprendre mes erreurs et j’ai découvert de bonnes méthodes pour les corriger et ce dans la bonne humeur et sur un tour vraiment agréable.Ces tours sont de belles machines qui subliment la formation dispensée sur place.Claude remet à neuf avec savoir faire et passion , ces tours qui conjuguent esthétisme et efficacité il en vends avec un montage personnalisé pour des tarifs raisonnables au regard de la qualité du matériel.
De tourneur « à la plaquette carbure »,j’ai gagné mes gallons de « tornaillon »comme on dit là bas, c’est un début , "tourneur sur bois" il faudra du temps encore et de la pratique.
Je souhaite à celles et ceux qui franchiront le pas, de passer un séjour aussi agréable que le fût le mien: riche d’enseignements et de conversations, de découvertes , de partages , de rires et de franche camaraderie .La dynamique de notre groupe était belle, merci à Francoise et Bernard ,ne changez rien(votre gentillesse et votre simplicité à l’image de celle de Claude sont rares).
Merci également à Lucas au fond de sa grange en plein hiver, à sylvie, aux ingénieurs, au gars du haut qui fout des coups de taoin dans le groin, à l’employé communal du haut et son réveil farceur, la liste est longue encore de ces tranches de vie et personnages qu’en bon conteur, Claude as su ramener parmi nous, à l’atelier ou autour de la table et ce pour notre plus grand plaisir.
A bientôt Claude merci et n’oublie pas de prendre soin de toi
Un bond en arrière dans le temps instantané , le parfum des copeaux, une luminosité particulière ,douce, partout aux murs , des tableaux(des toiles devrais je dire)d’outils de touts types.Un Louvre pour les amateurs de tournage, on y trouve l’intrigante et pratique varlope(sorte de « joconde »dont les méthodes de conception oubliées suscitent presque autant d’interrogations que celles du célèbre tableau)
Puis à droite de la grande scie à ruban, les tours:
Posés sur leurs bancs respectifs ils imposent leurs bâtis sombres et massifs en fonte, dégageant presque un soupçon d’austérité (peut-être pour rappeler à celui qui les contemple que l’histoire les a presque laissé sombrer dans l’oubli , tout comme celles et ceux qui ont travaillé dessus des décennies durant, contribuant à la renommée et à la prospérité de cette belle région )
Claude bascule l’interrupteur d’un gros tour Lartaux:
L’arbre surdimensionné et lustré entre en rotation, étonnant de silence , le noir de la fonte contraste avec le bronze des paliers et de l’emprunt vissé à son extrémité.La finesse des clés de filetage en buis ainsi que les couvercles de paliers travaillés en forme de chapeau de gendarme révèlent une qualité de fabrication inconcevable de nos jours.
Robustesse et simplicité, noblesse des matériaux, débrayage et arrêt instantané de la pièce moteur tournant grâce à la poulie folle, ces tours(équipés par claude d’un variateur de fréquence pour encore plus de souplesse d’utilisation)n’ont à mon sens rien de commun avec les tours contemporains en confort d’utilisation et la façon d’appréhender le tournage s’en trouve quelque peu changée également (difficile de tourner sans emprunt après s’y être essayé et je ne parle même pas du débrayage tellement pratique…des bancs en bois larges et spacieux qui n’abîment pas le tranchant des outils quand on les pose)Après il est certain que pour tourner des bols d’un mètre de diamètre faut trouver autre chose(ou les monter différemment car mécaniquement parlant ils sont extrêmement solides)
Quelques mois après cette rencontre , je pose mes bagages à Dortan pour un stage de cinq jours en pension complète (repas , petit déjeuner , nuitées ).Tout a déjà été relaté dans ce livre d’or par les personnes accueillies chez Claude et sa réputation en tant qu’hôte est parfaitement décrite.Attentif et généreux, l’homme n’est pas « moutu » d’esprit et ses centres d’intérêts vraiment variés , c’est une personne avec de belles valeurs . les gourmands soyez rassurés , c’est un très bon cuisinier qui a su nous proposer des mets variés et délicieux.Les chambres sont spacieuses et confortables on y dort bien, le calme est au rendez vous.(je suis objectif et ne possède pas d’actions à la maison Bondet).Un sans faute sur le séjour et le rapport prix /prestation est vraiment correct.
Tourneur débutant conscient de mes limites je souhaitais acquérir de solides bases sur ces tours originaux, découvrir l’usage du crochet et de la plane(prononcer plaane, plaaane voir plaine, c’est un outil dont l’utilisation après apprentissage s’est révélée moins fantasque que ne l’est sa phonétique locale)
Présentation de mes copains de promo le premier jour ,Francoise et Bernard(un beau couple complice plein d’esprit et d’humour),niveau débutant pour tout le monde(mention spéciale pour Francoise, qui était vraiment néophyte et qui n’ayant jamais tenu de gouge auparavant a travaillé de façon remarquable )donc ne pas hésiter et oser, Claude possède la patience, l’expérience et les mots afin de vous mettre en confiance rapidement, vous passionner pour vous faire progresser.
Nous avons abordé les fondamentaux (placements, décomposition des mouvements, spécificités de chaque outil, talonnage , prise de passe, affûtage, sécurité , tournage entre pointes , frontal, creusage…)La théorie alliée à la pratique.Le stage se révèle complet et intense en accumulation d’informations(mon carnet m’a été utile)
Des difficultés , une incompréhension ? Claude fait son possible afin de varier les explications pour débloquer la situation, on travail détendu et l’on arrive la plupart du temps au résultat escompté ,ça marche et l’on se sent bien, on exulte même parfois!(une pensée ici pour Gerald ,sympathique stagiaire sur deux jours, sa réussite de tores parfaits avait suscité une sacrée autosatisfaction !)
Claude est aussi bon pédagogue que tourneur, subtil et observateur il sait, lorsque l’on travaille une pièce, se montrer disponible sans pour autant être excessivement présent. Il se retrouve parfois à vos côtés, en bon « saint Bernard »qu’il est, prêt à vous épauler avant même que l’on exprime notre problème (il a l’oeil attentif et l’oreille sensible lorsque la gouge talonne à l’excès)
Il n’est pas dieu non plus et si ce dernier a paraît il crée la terre en 6 jours et l’homme en une journée, 5 jours de stage ne suffisent pas à être « à l’image de Claude Bondet »(le monde serait certainement meilleur j’en suis convaincu).
On n’excelle pas en tournage en si peu de temps mais l’on acquiert de solides bases.J’y ai gagné en confiance, j'ai découvert de nouvelles techniques et une façon de travailler qui me permettent de travailler avec plus de confort et d’efficacité, ainsi que les notions d’affûtage indispensables.
Ce stage m’a permis de comprendre mes erreurs et j’ai découvert de bonnes méthodes pour les corriger et ce dans la bonne humeur et sur un tour vraiment agréable.Ces tours sont de belles machines qui subliment la formation dispensée sur place.Claude remet à neuf avec savoir faire et passion , ces tours qui conjuguent esthétisme et efficacité il en vends avec un montage personnalisé pour des tarifs raisonnables au regard de la qualité du matériel.
De tourneur « à la plaquette carbure »,j’ai gagné mes gallons de « tornaillon »comme on dit là bas, c’est un début , "tourneur sur bois" il faudra du temps encore et de la pratique.
Je souhaite à celles et ceux qui franchiront le pas, de passer un séjour aussi agréable que le fût le mien: riche d’enseignements et de conversations, de découvertes , de partages , de rires et de franche camaraderie .La dynamique de notre groupe était belle, merci à Francoise et Bernard ,ne changez rien(votre gentillesse et votre simplicité à l’image de celle de Claude sont rares).
Merci également à Lucas au fond de sa grange en plein hiver, à sylvie, aux ingénieurs, au gars du haut qui fout des coups de taoin dans le groin, à l’employé communal du haut et son réveil farceur, la liste est longue encore de ces tranches de vie et personnages qu’en bon conteur, Claude as su ramener parmi nous, à l’atelier ou autour de la table et ce pour notre plus grand plaisir.
A bientôt Claude merci et n’oublie pas de prendre soin de toi





